Vendredi 8 août 2008
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Dans de précédents articles (
ici et
là), j'évoquais l'idée que
l'"on
peut penser que la notion de bien-être est une notion relative : on définit son bien-être aussi par comparaison avec les conditions de vie de ceux qui nous entourent, pas seulement en fonction
des nôtres.". L'objectif du paragraphe était de montrer que, même si le libéralisme économique conduisait à une amélioration des conditions de vie de tous (qui correspondent au bien-être
absolu), le fait qu'il induise une augmentation des inégalités (les conditions de vie des plus aisés s'améliorent plus vite que celles des moins aisés) conduit en réalité à une baisse du
bien-être des moins aisés, car c'est le bien-être relatif qui compte. Or s'il conduit à une diminution du bien-être (et non pas à une augmentation), on peut considérer qu'il n'atteint pas ce qui
devrait être son objectif.
Eh bien, j'ai été intéressé de constater que cette distinction entre bien-être absolu et relatif est désormais sur le devant de la scène politique (ou devrait l'être), via la modification du
calcul du taux de pauvreté. Alors que le taux de pauvreté était jusqu'à présent calculé de façon relative (en fixant un seuil par rapport au revenu médian de l'année considérée), Sarkozy et
Hirsch ont décidé de retenir un critère de pauvreté absolue, ce qui fait mécaniquement diminuer le taux de pauvreté chaque année ! Une manipulation qu'il faut dénoncer vivement. Lire
le blog de Jean Gadrey ou Alternatives économiques de juin 2008 pour plus
d'explications.
On voit donc bien que cette notion de "relatif" ou "d'absolu" est un enjeu de débat avec les partisans du libéralisme économique.
Par jseb
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