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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 15:22

Autre sujet qui me trotte un peu dans la tête en ce moment : les 35 heures. Evidemment on en parle un peu ces temps-ci en lien avec les projets et réalisations de Sarkozy, mais on ne trouve pas grand monde pour réellement défendre cette réforme. J'essaierai un jour de me pencher un peu plus en détail sur le bilan des 35 heures, mais en attendant, il y a déjà quelque chose qui me gène dans les critiques qui sont faites.

Certes, tout n'a pas très bien fonctionné. La majorité des français a profité de cette réforme, mais pour certaines catégories de travailleurs, il n'y a eu aucune amélioration de la qualité de vie. Pour d'autres il y a même eu une dégradation. Il est important de prendre en compte ces situations où les 35 heures ont échoué pour être en mesure d'y remédier et pour mieux gérer les prochaines étapes de réduction du temps de travail. A condition de ne pas en profiter pour "charger excessivement la barque".

Un des reproches communément rapporté est que les 35 heures ont entrainé une intensification du travail, c'est à dire que certaines salariés doivent désormais faire en 35 heures ce qu'ils faisaient en 39 heures. Même si ce constat est vrai, il ne me semble pas juste de dire que la réduction du temps de travail est la cause de cette intensification du travail. Cette intensification, les patrons n'ont pas attendu la loi des 35 heures pour l'imposer et ils n'y auraient pas renoncé en l'absence de cette loi : il y ont évidemment intérêt pour améliorer leur productivité ! Personne ne peut croire qu'ils considéraient jusqu'alors qu'il était normal que leurs salariés fassent en 39 heures ce qu'ils pouvaient faire en 35 heures. Si les patrons ont pu profiter de la négociation ouverte à l'occasion des 35 heures pour augmenter l'intensité du travail de certains salariés, c'est que le rapport de force leur était favorable, et il y a peu de raisons de penser qu'ils auraient renoncé à exploiter ce rapport de force favorable pour imposer une intensification, même en l'absence de loi sur les 35 heures. Une illustration de cela est donné par l'accord qui a été voté par les salariés de l'entreprise  Continental l'an dernier pour augmenter leur durée de travail (40 heures). Il y a fort à parier que, en l'absence de réforme des 35 heures, ce serait sur l'intensification du travail qu'aurait porté l'accord proposé par cette entreprise pour ne pas délocaliser. Pas besoin de loi pour que les patrons essaient d'augmenter le temps de travail des salariés ; pas besoin de loi non plus pour qu'ils essaient d'intensifier leur travail !

En bref : il est très probable que les 35 heures ont facilité l'objectif des patrons d'intensification du travail, mais il est faux de dire qu'elles en sont la cause. Certes, cela doit enrichir notre projet pour veiller à ce que les salariés puissent résister à cette dégradation de leurs conditions de travail. Mais cela ne peut pas être un argument pour refuser la réduction du temps de travail (qui peut prendre différentes formes) pour laquelle plaident les Verts.   

Par jseb
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Commentaires

Quel plaisir de te retrouver dans ton "chantier" . Tes reflexions sont toujours mobilisantes pour moi......Je suis la plupart du temps d'accord avec ce que tu écris et en tout cas, toujours vivement intéressée......Merci !
Commentaire n°1 posté par Marie-Pierre Clerval le 13/01/2008 à 21h23
c'est moi qui te remercie !
Réponse de jseb le 14/01/2008 à 14h39
salut JSeb ;-)
je sais, je dois toujours poster un billet sur la RTT et l'idée qu'elle permettrait de baisser le chômage.. m'enfin, ces temps-ci la campagne des municipales et mon investissement dans les Jeunes Verts me bouffent pas mal de temps. patience donc :-)

un petit commentaire à ton article : les salariés font en 35h ce qu'ils faisaient en 39h ? plutôt que de le regretter, il faut s'en réjouir. car c'est bien l'augmentation de la productivité qui permet de travailler moins tout en gagnant autant.
Commentaire n°2 posté par Vincent le gloppeur le 17/01/2008 à 02h17
salut vincent
concernant un article sur l'effet des 35h sur le chômage, comme tu peux le lire au début de cet article, je viens moi aussi de prendre l'engagement d'en rédiger un "un jour"... ça va : "un jour" ça reste assez souple comme engagement ! ;-) Il faut dire qu'il y a pas mal d'échos pas franchement concordants sur cette question
concernant le fait de faire en 35h ce qu'on faisait en 39h : bien sûr c'est l'augmentation de la productivité qui rend la diminution du temps de travail possible et souhaitable. Mais il y a un compromis à trouver entre intensité du travail et réduction du temps de travail. Pour certains (beaucoup ?), à salaire égal, la qualité de vie est meilleure en travaillant 39h avec une intensité moyenne que 35h avec une intensité trop forte. Le problème évoqué par ceux qui critiquent les 35h, c'est que certaines catégories ont subi une intensification forcée (avec parfois en plus une flexibilité des horaires). Et je crois qu'il faut entendre que cela n'a pas amélioré leur qualité de vie (voire cela l'a diminué). Mais ce que je conteste, dans cet article, c'est que cette intensification est principalement due à la réduction du temps de travail alors qu'elle est principalement due à un rapport de force défavorable aux salariés (qui conduit, loi sur les 35 heures ou pas, à une intensification du travail et à un allongment de la durée du travail).
Réponse de jseb le 17/01/2008 à 16h38
mmh je pense pas être d'accord.. le deal des lois Aubry c'était "vous réduisez le temps de travail et en contrepartie, vous bénéficiez d'allègements de charges sociales et d'une flexibilité accrue". donc il me paraît très improbable que les employeurs obteniennent la flexibilité accrue sans la RTT..
Commentaire n°3 posté par Vincent le gloppeur le 18/01/2008 à 05h01
La flexibilité, je ne sais pas (ça dépend sans doute effectivement en partie de règles du droit du travail, et donc nécessite un changement de la loi). Mais l'intensification du travail, ça me parait évident qu'elle peut augmenter en l'absence de toute loi ! Il suffit que le patron dise : "ton objectif jusqu'à présent c'était de produire  x kilos de je-ne-sais-quoi par heure de travail, et bien maintenant c'est de produire x+10 kilos de je-ne-sais-quoi par heure de travail ; c'est à cause de la mondialisation". Je ne prends pas du tout les patrons pour des monstres, mais c'est évident que c'est ce qu'ils ont intérêt à faire (dans la limite de ce qui est faisable bien sûr !) , surtout lorsque le rapport de force leur est favorable. Comme je le disais dans l'article, l'exemple de l'accord chez Continental sur la durée de travail témoigne de la pression à laquelle sont soumis les salariés, même sans que ce soit dans le cadre d'une négociation générale initiée par un gouvernement. 
Réponse de jseb le 18/01/2008 à 09h49
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